Lean ou Six Sigma: deux approches prisées!

27 novembre 2008 par Christian Liboiron

Depuis la parution d’un court article, Why Six Sigma Is on the Downslope, dans le Harvard Business publishing au début de 2008, les groupes sur Linkedin et Facebook reprennent le débat pour déterminer laquelle des deux méthodologies Lean ou Six Sigma est la meilleure. C’est Tom Davenport, ce spécialiste du knowledge management et des technologies de l’information (TI), qui a lancé le pavé dans la marre en annonçant que la méthodologie Six Sigma est en perte de vitesse avec cinq arguments massue teintés d’un peu de mauvaises fois :

  • La base statistique n’est que de la poudre aux yeux et n’améliore pas vraiment les processus
  • La méthode ne tiendrait pas compte des TI
  • Le Six Sigma est élitiste, étant basé sur le pouvoir des experts ceinture noire
  • La méthode n’apporte que des améliorations « incrementales » et non de réelles percées
  • Elle est peu profitable en innovation.

Malgré tout, l’auteur considère que la méthode Six Sigma avec un amalgame d’autres outils, particulièrement l’approche Lean, est bénéfique pour les organisations qui l’applique avec rigueur.

Il faut dire que le débat qui a perduré des années sur plusieurs forums comme celui de iSixSigma s’est maintenant déplacé sur les réseaux sociaux, et c’est d’autant plus vrai depuis la parution de ce petit brulot. D’autant plus vrai que cet été, une statistique annonçait que la demande de professionnels ayant des compétences sur les principes du Lean croît plus rapidement que celle des Six Sigma. Il est à noter que les deux compétences sont les plus prisées actuellement sur le marché, c’est ce que rapportait le LeanBlog suite à un sondage du Avery Point Group.

Les deux méthodes ne sont pas aux antipodes et sont très souvent utilisées en complémentarité l’une avec l’autre. D’ailleurs, les formations Six Sigma offertes au Mouvement intègre des éléments du Lean dans son approche. D’ailleurs ans cet article, le point de vue est plus nuancé et permet de distingué les différences et similitude entre le Lean et le Six Sigma.

Le Lean en peu de mots: C’est Jim Womack qui a utilisé ce terme pour la première fois pour décrire le système de production de Toyota (TPS), afin de définir ce système qui a pour objectif de créer plus de valeur avec plus d’efficacité, donc moins de gaspillage. Ainsi, les objectifs du Lean sont :

  • Améliorer la qualité
  • Éliminer le gaspillage
  • Réduire le temps d’exécution
  • Réduire les coûts

Le Six Sigma en peu de mots: Le Six Sigma est un concept élaboré par Motorola dans le milieu des années ‘80 et a été abondamment diffusé par Jack Wech de GE. La méthodologie s’attarde à réduire les variations dans la conduite d’un processus, qu’il soit manufacturier ou de service, afin d’assurer plus de qualité aux clients. Ce qui optimise les processus et assure une plus grande satisfaction des clients. C’est la méthode DMAIC avec ses outils respectifs à chacune des étapes qui permet de déployer le Six Sigma en enteprises :

  • Définir
  • Mesurer
  • Analyser
  • Améliorer
  • Contrôle

Jim Womack a d’ailleurs mis sur pied Le Lean Enterprise Institute pour faire la promotion du Lean Management. Je souligne deux nouveautés captivantes mises en ligne cet été:

La première est une chronologie de la philosophie Lean avec ses concepts de base: Breakthrough Moments in Lean. La présentation est simple et soignée. L’autre nouveauté est ce livre électronique et multimédia (texte et vidéo intégrés): Reflections on Lean où plusieurs experts et praticiens du Lean témoignent de leur passion pour le Lean management et de son importance pour les organisations soucieuses d’offrir plus de valeur à leurs clientèles. Réellement convaincant!

Quant à l’approche Six Sigma, je vous suggère de consulter les six présentations Six Sigma offerte par l’Université Motorola (sic.) qui fait un survol des concepts et enjeux de la méthode. La vidéo qui suit montre Jack Welch en conférence démontrant l’importance de l’approche Six Sigma:

Autres références:

Formations Six Sigma au MQQ : Ceinture jaune ; Ceinture verte ; Ceinture noire

Deux guides qui résument à merveille chacune des approches et pas plus gros qu’un iPhone :

Comment accroître l’adoption du Lean Six Sigma et assurer la pérennité d’une initiative d’amélioration continue ?

Références Internet du MQQ sur Delicious: Six Sigma

Références Internet du MQQ sur Delicious: Lean

Références Internet du MQQ sur Delicious: Lean - Six Sigma

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6 commentaires pour “Lean ou Six Sigma: deux approches prisées!”

  1. Sylvie Cayouette dit :

    Il est vrai que l’ampleur du 6 sigma semble régresser. Je suis en accord avec M.Davenport sur l’élitisme de cette approche au sein de la communauté ouvrière mais également des gestionnaires qui accordent beaucoup d’importance à leurs ”ceintures” vertes ou noires. Ne croyez pas que je dénigre les tenants de cette formation: j’ai beaucoup d’estime pour les gens formés à cette technique, exigeante et rigoureuse.

    Mais plutôt que d’expliquer les failles du 6 sigma par ses propriétés, pourquoi ne pas voir le problème sur un autre angle: les points forts du lean manufacturing. Ainsi, le lean possède a) la facilité d’utilisation et de mise en place et b) l’importante célérité l’amélioration des processus. J’ai moi-même travaillé près de 5 ans dans une entreprise manufacturière dont la survie seule a été, durant les 3 dernières années, liée à la force du lean, la mobilisation du personnel aisé et généralisée et la participation de tous et chacun dans l’atteinte des objectifs de l’entreprise.

    On était à mettre en place l’approche 6 sigma à mon départ de l’entreprise, pour atteindre des niveaux de performances encore plus probants. Mais cette étape aurait été, selon moi, impensable quelques années plus tôt. Le 6 sigma requiert un niveau de contrôle des procédés et processus certains pour être exploité à sa juste valeur.

    Bref, l’un ne va pas sans l’autre. Et selon la situation de départ de l’entreprise, le lean pourra s’avérer une première approche essentielle au succès de son frère, le 6 sigma.

  2. Deni Courchesne dit :

    Pourquoi Lean OU six sigma? Ceci est un faux débat.

    Aujourd’hui la recette gagnante est plutôt Lean ET six sigma!
    La méthodologie en cinq étapes de six sigma donne de très bons résultats. Aussi, l’approche six sigma est basée sur des faits, des données et est axé sur les besoins du client.
    Donc à l’intérieur de cette philosophie/méthodologie, selon la situation, nous devons prendre le meilleur outil d’amélioration continue que nous connaissons, peu importe sont allégeance. D’ailleurs, de plus en plus de compagnies nomment leurs programmes d’amélioration continue « Lean six sigma ».
    Alors, laissons les puristes et les soi-disant grands penseurs comme Tom Davenport perdre leurs temps à débattre du pour et du contre de chaque méthodologie. Utilisons plutôt nos efforts, notre temps et notre gros bon sens à améliorer nos processus!
    Deni Courchesne

  3. Christian Liboiron dit :

    Je suis d’accord avec toi Deni, Le choix d’une ou l’autre des méthodologie est un faux débat. La plupart des organisations vont vers un amalgame des deux approches. L’exemple de Bombardier est éloquent.(Cf Entreprise-réseau: http://books.google.com/books?id=Ii8USSXFJ6gC&printsec=frontcover&dq=six+sigma+entreprise+québec&hl=fr&source=gbs_summary_s&cad=0#PPA34,M1).
    Celui de l’implantation Six Sigma dans les hôpitaux aux États-Unis aussi: http://www.marketwire.com/press-release/Six-Sigma-Online-916362.html

    Je crois également qu’il faut un éventail élargi de solutions et d’outils pour répondre aux défis des organisations dans l’optimisation des processus. Le défi au Québec est de faire connaître l’une et l’autre des approches.

  4. Serge Bonin dit :

    A Christian,

    si le défi au Québec est de faire connaître…

    alors le blogue est sûrement une très bonne façon d’y parvenir surtout qu’il permet à tous d’échanger !

  5. Christian Liboiron dit :

    Merci Serge.
    La mission du Mouvement est de contribuer à accroître la performance des organisations en facilitant l’intégration des meilleures pratiques de gestion.
    Pour appuyer les entreprises à augmenter leur productivité, il nous faut diffuser et faire connaître ces meilleures pratiques, les démarches et outils de la qualité auprès des dirigeants. C’est pour cet objectif que le Mouvement invite tous les intervenants en qualité à participer au blogue et aux autres initiatives qui suivront.

  6. Elsa dit :

    En tant qu’internaute novice, je recherche toujours en ligne les articles qui peuvent m’aider. Merci

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