Il faut d'abord mettre sur pied une équipe multidisciplinaire et identifier les départements qui feront partie du projet de réaménagement. S'il est préférable de séparer les départements ayant des fonctions différentes, il ne faut pas trop raffiner les distinctions, sinon l'analyse devient vite complexe.
Par consensus, on détermine les relations entre chacun des départements, à l'aide d'une matrice comme celle présentée ci-dessous à droite. Pour ce faire, on utilise les codes AEIOUX décrits dans le tableau à gauche. Ces codes vont de A (quand il est « Absolument nécessaire » que deux départements soient proches l'un de l'autre) à X (quand le rapprochement est « Non désirable »). Dans notre exemple, l'équipe a estimé que le rapprochement entre la réception et la machinage est de type O, c'est-à-dire « Ordinairement important ».

On regroupe ensuite toutes les données sous la forme d'un tableau dans lequel on transcrit les relations entre les départements, comme dans l'exemple ci-dessous. Ce tableau facilite l'analyse pour les étapes suivantes. Dans chaque colonne, on retrouve le niveau de rapprochement entre un département et chacun des autres.

À partir du tableau de l'étape 3, on sélectionne le département avec le plus grand nombre de relations de type A. Si deux départements ont le même nombre de relations de type A, on prend aussi en considération les relations de type E. Si l'égalité persiste encore, on examine les relations de type I, et ainsi de suite. S'il y a toujours égalité à la fin, on choisit un département au hasard. Dans notre exemple, le département qui a le plus de relations importantes avec d'autres départements est celui de la peinture, le 5. C'est le pivot de l'ensemble.

On sélectionne ensuite le deuxième département, celui qui a la relation de plus haut niveau avec le premier. S'il y en a plusieurs à égalité, on tient compte des relations de type A avec d'autres départements, puis des relations de type E, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'on détermine le « gagnant », c'est-à-dire le département qui doit être situé le plus près du premier. Dans notre exemple, c'est celui de l'assemblage, le 6.

Puis on sélectionne le prochain département qui a le plus de relations de haut niveau avec les deux précédents, en appliquant toujours la même règle de sélection d'un « gagnant ». On continue ainsi jusqu'à ce que tous les départements soient positionnés. Le résultat de cet exercice est un dessin schématique indiquant la position des départements les uns par rapport aux autres, comme dans l'exemple ci-dessous.

Il faut maintenant transformer le dessin schématique en véritable plan d'implantation selon les superficies disponibles. On doit calculer ou estimer la superficie nécessaire à chacun des départements. Ensuite, pour établir le plan final, il faut déterminer un « carré » de base, c'est-à-dire une unité de mesure de base. Cette unité est le plus petit dénominateur commun entre les superficies des différents départements. Dans l'exemple ci-dessous, le plus petit dénominateur commun est 2000, donc le carré de base équivaut à 2000 mètres carrés.

Sur un schéma représentant tout l'espace de l'usine, il faut maintenant placer les carrés de base en suivant autant que possible le plan schématique. Des contraintes techniques peuvent entraîner des ajustements. Par exemple, pour des raisons de ventilation, il peut être nécessaire d'installer certains départements contre les parois extérieures de l'usine. Il faut donc ajuster le positionnement des carrés en conséquence.
On voit le plan schématique ci-dessous à gauche et, à droite, le plan d'implantation final montrant la disposition et la superficie de chaque département.
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