Tout le monde en même tempsUne équipe multidisciplinaire composée de gestionnaires d'expérience et ayant les ressources et les pouvoirs nécessaires évalue les projets aux différentes barrières. On fournit à ces gatekeepers (« gardes-barrières ») l'information recueillie à chaque étape ainsi qu'une série de critères bien définis qui serviront à déterminer le sort du projet. |
Tout commence par une idée, et même par un grand nombre d'idées provenant de toutes les directions et déclenchées par toutes sortes de facteurs : initiatives des bureaux d'études, remue-méninges commercial, sondage client, etc. Chacune de ces idées arrive à la première barrière.

On commence par opérer un filtrage afin de décider si le projet a suffisamment de mérite. Est-il compatible avec les stratégies de l'entreprise? S'intègre-t-il à la gamme de produits existants? On effectue également une vérification sommaire de différents facteurs tels que la faisabilité, l'intérêt potentiel du marché et les avantages du produit ou du service sur celui de la concurrence.
Si l'idée passe la barrière 1, on entreprend une recherche qui ne doit prendre au plus que quelques semaines, en y consacrant peu de ressources. Il s'agit de déterminer de manière provisoire la viabilité du projet sur les plans commercial, technologique et financier. On prend également en considération les questions concernant la propriété intellectuelle, la capacité de production et les impacts du projet sur l'organisation. Le responsable de l'étape livre un rapport d'investigation préliminaire.
On soumet le projet à une évaluation plus rigoureuse qu'à la première barrière. Mérite-t-il d'être approuvé compte tenu de son potentiel de rentabilité et des ressources de l'entreprise? Vaut-il la peine d'être soumis à une étude de faisabilité ou faudrait-il au contraire se concentrer sur d'autres projets?
Si le projet passe la barrière 2, on est prêt à développer le modèle d'affaires et à vérifier encore une fois l'intérêt de l'idée avant d'y engager des sommes importantes. Il faut prendre le temps d'analyser à fond la faisabilité commerciale, technologique, opérationnelle et juridique du projet. Il faut aussi effectuer une analyse de la concurrence et réaliser un prototypage rapide qui permettra de tester le concept. À cela s'ajoutent une analyse de capacité de production, une analyse de rentabilité et une évaluation des rendements financiers.
Le projet arrive à la dernière barrière avant les étapes de développement. Il est encore temps de l'abandonner avant d'y investir des sommes importantes. En outre, on vérifie à fond les conclusions de différentes analyses telles que : analyses financières, analyses de rentabilité, études de risque, analyse d'adéquation avec le portefeuille de produits, etc. On doit ici faire preuve d'une rigueur implacable, car si on donne le feu vert, les ressources à mettre en oeuvre décupleront. D'ailleurs, le projet est soumis à l'approbation du pdg s'il représente une certaine importance.
Si le projet passe la barrière 3, on est prêt à réaliser l'étape de développement. Une fois les exigences du client connues et documentées, la conception révisée et son orientation définie (performance, durabilité, maintenance, qualité, etc.), un design préliminaire est effectué, suivi d'une planification détaillée du processus de conception et de réalisation. On produit alors une série de prototypes qui sont testés et validés auprès d'usagers en laboratoire. En parallèle, le plan marketing et le plan de production sont amorcés.
Si la performance des prototypes en laboratoire est concluante et que la réaction des usagers est positive, on peut envisager d'aller sur le terrain pour procéder à d'autres tests (les tests en laboratoire ne disent pas tout) ainsi qu'à la validation de facteurs tels que les coûts de réalisation et les rendements escomptés.
Maintenant qu'on a en mains tous les éléments, on procède à un lancement commercial restreint, l'équivalent de la version bêta pour un logiciel. Le produit est donc testé sur le terrain pour sa fonctionnalité, la réponse des clients et les rendements estimés. Après avoir testé le processus de réalisation du produit, on peut finaliser le plan de production. On met également la dernière main au plan marketing après avoir validé l'analyse économique.
La barrière 5 est la dernière avant le lancement final : le projet peut encore être rejeté. Pour le déterminer, on analyse les réactions du marché bêta et on vérifie si les résultats obtenus à petite échelle peuvent se reproduire à grande échelle de façon rentable.
Si le projet passe la barrière 5, on met le produit en marché selon le plan marketing, puis on réalise le plan de production et d'opérations. Au besoin, il faut penser à l'embauche et à la formation du personnel commercial, à la promotion du produit ou du service et à la réalisation des moyens de vente.
Dans les mois suivant la mise en marché du produit ou du service, les résultats sont analysés et une décision est prise quant à la poursuite de la commercialisation. Le produit peut être maintenu tel quel, faire l'objet d'améliorations, être cédé à une autre entreprise ou être tout simplement retiré du marché. C'est aussi l'occasion d'évaluer le processus de développement afin de tirer les leçons avant de dissoudre l'équipe de projet.
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