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Fiche outil

Échelle d’abstraction

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Travailler sur le bon problème

Voici un outil puissant pour visualiser un problème dans son ensemble, bien le comprendre… et s’assurer que l’on travaille sur le bon.

Aussi appelée « Pourquoi / qu’est-ce qui m’en empêche? », l’échelle d’abstraction permet d’élargir la vision que l’on a d’un problème, de le clarifier et d’en explorer les différents niveaux pour en arriver à cibler l’énoncé de problème le plus adéquat à résoudre dans le contexte actuel. Cette technique permet aussi de visualiser une hiérarchie ou un réseau de plusieurs problèmes interreliés et de voir l’ensemble des problèmes à résoudre.

Dans la partie supérieure du digramme, le « pourquoi » procure une vision élargie de tout ce qui entoure le problème et permet de se concentrer sur les stratégies et enjeux de haut niveau. On se demande pourquoi le problème en est un, pourquoi il est important, pourquoi nous voulons le résoudre, etc. Ici, le niveau d’abstraction est élevé.

Dans la partie inférieure, la question « qu’est-ce qui m’en empêche » permet de formuler des interrogations plus spécifiques, de se concentrer sur les tactiques, les éléments de détail et les obstacles de nature plus opérationnelle. On se demande ce qui nous empêche de résoudre ce problème et de passer à l’action. Ici, le niveau d’abstraction est bas.

Cette gradation des abstractions (d’où le nom de l’outil) se présente sous forme visuelle. Dans la partie « pourquoi », les causes du problème apparaissent, tandis que dans la partie « qu’est-ce qui m’en empêche », les obstacles concrets font surface.

Résultats

  • Série d’énoncés de problèmes entourant une situation et menant à une meilleure compréhension globale.
  • Représentation visuelle des niveaux du problème à résoudre, ce qui aide à clarifier la situation et à identifier ce sur quoi on doit travailler dans l’immédiat.
  • Certitude de travailler sur le bon problème.

Conditions de succès

  • Lorsque l’on est dans la partie « pourquoi », poser uniquement des questions « pourquoi ». Dans la partie « qu’est-ce qui m’en empêche », poser uniquement des questions        « qu’est-ce qui m’en empêche ».
  • Si l’exercice est trop difficile, reformuler les réponses en énoncés de problèmes.
  • Utiliser l’outil seul ou avec une petite équipe. Si le problème touche plusieurs personnes, impliquer les principales parties prenantes du problème.

Méthode

Si vous utilisez l’échelle d’abstraction seul, il est bon de consulter d’autres personnes qui vous aideront à élargir votre vision du problème, à voir le problème autrement, à en découvrir d’autres facettes. Si vous faites l’échelle d’abstraction en équipe, rassemblez des personnes ayant des visions différentes du problème.

Vous allez constater qu’à un moment donné de vos délibérations, vous aurez à choisir quel niveau de problème vous voudrez retenir. Si l’équipe hésite à propos du bon niveau à choisir, faites appel à des techniques de convergence afin de trouver la réponse.

Divers logiciels permettent de faire cet exercice directement à l’ordinateur. Toutefois, de grandes feuilles format chevalet juxtaposées les unes à côté des autres (collées au mur) font très bien l’affaire. Vous pouvez écrire directement dessus ou utiliser des notes autocollantes.

1. Écrire l’énoncé du problème à résoudre

Écrivez l’énoncé du problème au centre des feuilles, en vous laissant beaucoup d’espace au-dessus et en dessous pour ajouter de l’information.

2. Explorer le pourquoi du problème (la partie supérieure de l’échelle)

Suivez les étapes ci-dessous en vous servant du diagramme. Celui-ci contient les mêmes étapes numérotées.

Vous êtes actuellement dans la partie supérieure (zone bleue) du diagramme, celle où l’on se demande successivement « pourquoi » et « pourquoi encore » afin d’obtenir des réponses de plus en plus abstraites.

Débutez avec l’énoncé du problème au centre (E0).

1. Changez le « comment » en « pourquoi » : la question devient : « pourquoi me faut-il mieux gérer mon temps? »

Notez les premières réponses obtenues.

2. Transformez ces réponses en énoncés de problèmes (E1-E2-E3).

Ces énoncés sont plus globaux, car leur niveau d’abstraction est plus élevé.

3. Changez les « comment » en « pourquoi » : les questions deviennent : « pourquoi être plus en contrôle? », « pourquoi recommencer à faire du sport? » et « pourquoi diminuer mon stress? »

Notez les deuxièmes réponses obtenues.

4. Transformez ces réponses en énoncés de problèmes (E4-E5-E6).

Ces énoncés sont plus globaux, car leur niveau d’abstraction est plus élevé.

5. Changez les « comment » en « pourquoi » : les questions deviennent : « pourquoi arrêter de perdre mon temps? », « pourquoi être bien dans ma peau? » et « pourquoi me sentir mieux? »

Notez les troisièmes réponses obtenues.

6. À ce niveau d’abstraction, on verse dans la philosophie et mieux vaut s’arrêter. Il ne reste qu’à transformer les dernières réponses en nouveaux énoncés de problème, puisque c’est ce qui est recherché.

Les derniers énoncés de cette étape sont les plus abstraits (E7-E8-E9).

3. Explorer les obstacles qui empêchent de résoudre ce problème (partie inférieure du diagramme)

Suivez les étapes ci-dessous en vous servant du diagramme. Celui-ci contient les mêmes étapes numérotées.

Vous êtes actuellement dans la partie inférieure du diagramme (zone jaune), celle où l’on cherche des réponses de plus en plus concrètes. Pour cela, on se demande               « qu’est-ce qui m’empêche » de résoudre notre problème. Par convention, nous allons utiliser les lettres « QQME » pour représenter cette question.

Reprenez l’énoncé du problème initial au centre (E0).

7. Changez le comment en « qu’est-ce qui m’en empêche ». La question devient : « QQME de mieux gérer mon temps? »

Notez les premières réponses obtenues.

8. Transformez ces réponses en énoncés de problèmes (E10-E11-E12).

Ces énoncés sont plus précis, car leur niveau d’abstraction est plus bas.

9. Changez le « comment » en « qu’est-ce qui m’en empêche ». Les questions deviennent : « QQME de diminuer les imprévus? », « QQME de me concentrer sur l’essentiel? », « QQME de mieux planifier mon temps en famille? »

Notez les deuxièmes réponses obtenues.

10. Transformez ces réponses en énoncés de problèmes (E13-E14-E15).

Ces énoncés sont plus précis, car leur niveau d’abstraction est plus bas.

11. Changez le comment en « qu’est-ce qui m’en empêche ». Les questions deviennent : « QQME de planifier du temps tampon? », « QQME de travailler une seule chose à la fois? », « QQME d’avoir une vue globale des horaires? »

Notez les troisièmes réponses obtenues.

12. À ce niveau d’abstraction dans l’échelle, les choses deviennent très concrètes. Dans la partie « pourquoi », on s’est arrêté lorsque l’on versait dans la philosophie. Ici, nous allons nous arrêter lorsque la réponse est « rien ». Il ne reste qu’à transformer les dernières réponses en nouveaux énoncés de problème, puisque c’est ce qui est recherché.

Les derniers énoncés sont les plus concrets (E16-E17-E18).

4. Conclure sur le problème à travailler

Pour déterminer sur quel problème vous voudrez travailler, vous aurez à faire un choix : vous attaquer aux obstacles de la partie inférieure (parmi E10 à E18) ou aborder les problèmes de la partie supérieure (parmi E1 à E9)?

Cet exercice peut sembler ardu. En réalité, il permet de voir tous les problèmes en lien avec votre situation initiale – E0. Tous les énoncés en caractères blancs dans l’exemple doivent donc être passés en revue avant de faire un choix.

Pour ce faire, vous pouvez utiliser un vote avec des points autocollants si vous êtes en équipe, ou simplement choisir vos énoncés coups de cœur personnels parmi les 19 possibilités (incluez E0, il n’est pas impossible, qu’après mûre réflexion, vous choisissiez de conserver ce problème, puisque vous estimez qu’il est au bon niveau!).

Il est certain que travailler le problème « comment faire pour impliquer toute la famille dans la gestion des horaires? » (E18) est bien différent de « comment puis-je mieux gérer mon temps? » (E0) et « comment faire pour être plus heureux? » (E9). Ces trois énoncés démontrent bien la différence dans le niveau d’abstraction de l’échelle… À vous de choisir le défi sur lequel travailler!

Exemple

Références

  • DUCLOS, Manon et MATTE, Sylvain, GIN702 : Créativité et résolution de problèmes en génie, Faculté de génie, maîtrise en gestion de l’ingénierie, Université de Sherbrooke, 2006.
  • MILLER, B., VEHAR, J. et FIRESTEIN, R., Créativité sans limites (traduction par S. Matte, de Creativity Unbound), Foursight, Chicago, 2003.
  • ISAKSEN S., DORVAL, B. et TREFFINGER, D., Résoudre les problèmes par la créativité : la méthode CPS, Éditions d’organisation, Paris, 2003, ISBN 2-7081-2894-9.

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