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Webzine | 26 mai 2021

Les cartes gagnantes, partie 2

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Les résultats de l’enquête salariale de QP pour l’année 2015 montrent que les salaires sont à la hausse. Pour le plus grand groupe de répondants – des employés à temps plein aux États-Unis – le salaire moyen a connu la plus forte hausse depuis 2007 (tableau 1). Le salaire moyen d’un employé permanent aux États-Unis était de 90 878 $ en 2015, une hausse de 2,78 % par rapport au salaire moyen de l’année précédente, soit 88 423 $.

Toutefois, pour savoir si les professionnels de la qualité qui ont pris part à l’enquête sont heureux de leurs revenus, il faudra creuser un peu plus la question.

C’est la deuxième année que nous réunissons des données et faisons rapport sur le degré de satisfaction des professionnels de la qualité à l’égard de leur emploi et de leur revenu. L’an dernier, nous avons exploré les facteurs culturels d’une organisation qui rendent les employés heureux et nous avons vu que ces aspects s’alignent étroitement avec les facteurs qui démontrent qu’une organisation se soucie de la qualité (voir figure 1, p. 19, données sur la culture, cette année). De plus, nous avons utilisé cette année un ensemble élargi de données pour créer un effet de levier et étudier la satisfaction sous le prisme d’autres variables.

D’abord, voyons au-delà de l’enquête salariale de QP et découvrons ce que les employés américains, en tant que groupe, pensent de leurs revenus. Chaque année, le Conference Board, un organisme national de recherche en commerce, commande une étude sur la satisfaction à l’égard de l’emploi à travers le pays.

Un exemplaire de la plus récente étude1 pourrait coûter plus que ce que vous êtes prêt à débourser (395 $), mais quelques résultats ont été rendus publics et ils sont suffisants pour fournir une certaine base de comparaison des professionnels de la qualité par rapport à l’ensemble des employés aux États-Unis.

Ce que nous constatons, c’est que les professionnels de la qualité sont davantage satisfaits que les travailleurs moyens qui gagnent le même salaire.

Le tableau 2 ci-dessous montre les résultats pour les travailleurs dont les salaires se situent entre 50 000 $ et 75 000 $, et à plus de 125 000 $. Les pourcentages de la colonne pour tous les travailleurs aux USA proviennent de l’étude du Conference Board. Les deux colonnes suivantes montrent deux autres ensembles de répondants à l’enquête salariale de QP.

La colonne de tous les répondants américains qui ont participé à l’enquête salariale QP indique qu’ils ont tendance à être plus heureux que les autres travailleurs gagnant des salaires similaires. La différence est mince pour ceux qui gagnent entre 50 000 $ et 75 000 $ (seulement 0,9 point de pourcentage), mais beaucoup plus marquée pour ceux à salaire plus élevé : 79,3 % des mieux rémunérés parmi les répondants à l’enquête salariale de QP sont satisfaits de leur salaire, contre 64,1 % de la population générale (voir figure 1).

Un second regard aux résultats de l’enquête salariale de QP démontre toutefois que le salaire n’est pas le meilleur indicateur pour prédire si un employé sera satisfait de son salaire. La colonne de droite du tableau 2 montre le degré de satisfaction des travailleurs dont le salaire est dans le 7e décile des travailleurs occupant le même poste. Autrement dit, cette colonne concerne les professionnels de la qualité qui se situent dans le 30 % supérieur des salariés occupant le même poste.

Ici, il y a des différences importantes, non seulement par rapport aux chiffres de la population générale, mais aussi en comparaison des autres répondants à l’enquête salariale de QP. Les travailleurs se soucient moins de combien ils gagnent que de comment ce chiffre se compare aux salaires d’autres personnes faisant un travail similaire.

Cachés à l’intérieur du 56,1 %, par exemple, se trouvent les techniciens d’étalonnage, au troisième rang des employés les moins payés dans nos réponses en 2015. Parmi les techniciens d’étalonnage qui sont dans le 7e décile, 80 % déclarent être satisfaits de leurs salaires. Aucun d’eux ne gagne plus de 90 000 $ par année.

En faisant quelques calculs rapides à partir de l’enquête de cette année, nous avons découvert des faits intéressants à propos de la satisfaction à l’égard du poste et du salaire.

Postes exigeant une certification ASQ

Dans le cadre de notre exploration des données, nous avons simplement procédé à un croisement de plusieurs variables et des pourcentages de répondants qui ont déclaré trois types de satisfaction :

  1. Satisfait des aspects non rémunérés de la tâche (satisfaction à l’égard du poste).
  2. Satisfait du salaire (satisfaction salariale).
  3. Satisfait de tous les aspects du poste, y compris les avantages

Les tableaux complets sont présentés à la section 30 de la version en ligne du présent rapport, que vous pouvez consulter www.qualityprogress.com/salarysurvey. Ici, dans le tableau 3, nous ne voyons que 16 des principales variables qui correspondent à la satisfaction liée au poste. Le tableau complet comprend 33 indicateurs positifs. La liste des principaux indicateurs de la satisfaction liée au salaire n’est pas identique mais similaire. Voir la section 30 pour les détails.

Dans ce tableau, les lignes 3, 4 et 5 montrent que les travailleurs ont tendance à être satisfaits quand ils occupent un poste dont les exigences initiales comprennent l’un des trois certificats ASQ.

Nouvelles exigences liées au poste

Nous avons demandé aux répondants s’ils avaient dû répondre à de nouvelles exigences pour conserver leur poste. Les résultats, montrés au tableau 4 (ci-dessus), présentent un paradoxe intéressant : les répondants qui ont déclaré que de nouvelles exigences avaient été ajoutées à leur poste sont plus satisfaits que la moyenne mondiale pour ce poste, mais moins satisfaits quant à leur salaire. La seule exception est le petit nombre qui ont rapporté qu’une exigence de certification Exemplar Global avait été ajoutée. Ces répondants étaient plus heureux que la moyenne des travailleurs en termes d’emploi et de salaire.

Il est utile de noter que dans ce tableau, aucun des effets des nouvelles exigences sur la satisfaction liée au salaire n’est important : le plus important étant de 3,35 points de pourcentage. Toutefois, en termes de satisfaction liée au poste, un des effets positifs est plutôt significatif : n’importe quel certificat de l’ASQ ajouté comme nouvelle exigence a porté le niveau de satisfaction liée au travail à un très respectable 80 %.

Exigences vs possession

Nous avons vu que les postes exigeant des certificats ASQ spécifiques ont tendance à être occupés par des employés satisfaits. Il est également vrai qu’exiger un diplôme d’études supérieures est un indicateur assez fort que le poste sera satisfaisant pour la personne qui l’occupera. Le tableau 5 inclut quatre certificats ASQ et divers niveaux d’études, comme facteurs contribuant à la satisfaction à l’égard de l’emploi et du salaire.

Quelques faits importants sont ressortis de ce tableau :

  • Quand un diplôme d’études supérieures ou l’un de ces certificats constitue une exigence initiale pour un emploi, la satisfaction tant à l’égard du poste que du salaire est plus élevée que la
  • Quand un répondant détient un de ces certificats ou un diplôme de maîtrise qui n’est pas une exigence pour le poste, l’effet sur la satisfaction à l’égard du salaire est neutre ou positif, mais l’effet sur la satisfaction à l’égard du poste est négatif.
  • En général, le simple fait de détenir un certificat ou un diplôme n’apporte pas de satisfaction. Mais, c’est important de le détenir dans un poste qui l’exige.

Dans une certaine mesure, ce dernier fait est sensé : les personnes surqualifiées seront moins susceptibles d’être satisfaites au travail que celles qui font plein usage de leurs compétences et de leur éducation.

Pourtant l’intuition est toujours meilleure quand elle s’appuie sur des données.

Certificats et titres de postes

L’alignement des aboutissements avec les exigences du poste qui apportent une récompense a été exploré dans l’Enquête salariale de QP en 2011 quand nous nous sommes penchés sur les certificats ASQ. C’est tellement important pour les professionnels de la qualité qu’il nous est apparu judicieux de répéter l’enquête.

Le tableau 6 montre des jumelages de titres de postes avec des certificats ASQ et la majoration de rémunération qui en résulte pour les détenteurs de certificats comparés aux travailleurs qui n’en détiennent pas mais occupent le même poste. Souvent, il est évident que le certificat et le titre de poste vont ensemble parce leurs noms partagent les mots clés. Par exemple, un auditeur de la qualité certifié ASQ fera 11,6 % de plus en moyenne qu’un auditeur sans certificat ASQ (première ligne du tableau 6).

Dans d’autres cas, on voit en une fraction de seconde comment le certificat a de la valeur pour un poste. Le tableau 5 montre qu’être un auditeur détenant un certificat Ceinture noire Six Sigma de l’ASQ s’accompagne d’une augmentation substantielle de 16 594 $, ou 21,9 %.

Quand un certificat de l’ASQ devient une nouvelle exigence pour le poste d’un répondant, 80 % des répondants sont susceptibles d’être satisfaits à ce poste.

Note de la rédaction

Cet article a commencé avec certains indicateurs de la satisfaction à l’égard de l’emploi et du salaire. Certains de ces indicateurs sont liés aux politiques d’une organisation et à sa culture de la qualité. Le présent article n’a pas mis l’accent sur ces aspects de la satisfaction, mais sur des facteurs spécifiques aux emplois et aux individus qui les occupent. Une exploration plus approfondie de la manière dont les organisations abordent la qualité et comment ces choix d’entreprise affectent la satisfaction des employés se trouve à la section 30 du rapport complet sur l’Enquête salariale de QP, disponible en ligne à www.qualityprogress.com/salarysurvey.

Références

1.Ben Cheng, Michelle Kane, Gad Levanon et Rebecca L. Ray, Job satisfaction: 2014 Edition; The Conference Board. juin 2014, http://tinyurl.com/conference-board-report.

Auteur

Max Christian Hansen, collaborateur à la rédaction du Quality Progress. Article traduit et reproduit avec la permission du Quality Progress, Décembre 2015.

Monsieur Hansen est un consultant en gestion, à Sacramento, Californie. Dans le passé, il a aidé des fabricants de pièces d’automobile à mettre en œuvre leurs premiers contrôles statistiques de processus et a donné des conférences sur la qualité des données au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge. Hansen détient un MBA de la Sloan School of Management du MIT.

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