Fiche outil | 10 mai 2021

Remue-méninges

Contenu réservé aux membres

Générez beaucoup d’idées originales en peu de temps

Aussi appelé brainstorming, le remue-méninges est sans nul doute le plus connu de tous les outils de génération d’idées. C’est une forme de pensée divergente (créatrice) à l’état pur. Il en existe de multiples variantes et est habituellement effectué en groupe. L’objectif est de trouver le plus d’options possibles à une question donnée.

Le remue-méninges est un outil très polyvalent qui gagne à être utilisé de différentes façons (voir le tableau ci-dessus). Il ne faut pas hésiter à combiner des façons de faire ou à les modifier pour augmenter son efficacité et mieux l’adapter aux différents contextes. Par exemple, rien n’empêche de faire travailler les équipes debout devant de grandes feuilles lors d’un remue-méninges écrit!

Résultats

  • Une grande quantité d’options variées et originales qui permettront de choisir la meilleure par la suite.
  • Des idées inédites que l’on pourra ensuite combiner et transposer dans la situation à l’étude.

Conditions de succès

  • S’assurer que l’énoncé du problème ou de la question est bien compris par tous les participants.
  • Former un groupe avec des individus ayant des points de vue différents et dont l’expérience et l’expertise ne sont pas identiques.
  • Évaluer le nombre de participants requis : bien que l’on puisse faire un remue-méninges seul ou avec une grande foule, la taille idéale d’un groupe est en général de cinq à huit personnes.
  • Respecter les règles de divergence (pensée créatrice).
  • Préparer une salle accueillante – autre que la salle de réunion habituelle – afin de créer un climat convivial et propice à la créativité.

Méthode

Quel que soit le mode de remue-méninges parmi les quatre présentés ci-après, assurez-vous de rassembler les informations nécessaires. Idéalement, affichez une feuille synthèse qui présente l’objectif du remue-méninges, quelques données clés et les énoncés des problèmes à résoudre. Avant de commencer la séance, prévoyez une période de questions.

1. Remue-méninges classique : idéal pour une utilisation improvisée

C’est le remue-méninges traditionnel. L’animateur ne participe pas et les participants s’expriment à tour de rôle ou en rafale. Le défi pour l’animateur est de suivre le rythme du groupe lorsqu’il note les idées. Certains participants trouvent l’approche parfois chaotique, car ils se sentent distraits par les idées émises à voix haute. Quant aux personnes introverties, elles auront peut-être tendance à passer leur tour. Pour ne pas freiner la créativité, l’animateur devra utiliser d’autres outils de créativité pour faire suite au remue-méninges classique.

Les étapes d’un remue-méninges classique

  1. Les participants se rappellent les règles de divergence (pensée créatrice) à suivre, en particulier celle qui prohibe toute critique ou autocensure.
  2. L’énoncé à étudier (problème ou question) est visible de tous.
  3. L’animateur pose la question à voix haute.
  4. L’animateur fait un tour de table ou choisit de recueillir les idées des participants en rafale. Il peut aussi fixer un objectif ou un quota minimal d’idées à atteindre.
  5. L’animateur note (ou demande à un participant de le faire) toutes les idées sur un tableau, une feuille volante ou un ordinateur relié à un projecteur. Les options doivent être visibles pour permettre aux participants de s’en inspirer.
  6. L’animateur fait autant de tours de table que requis et les participants qui n’ont plus d’idées passent leur tour.
  7. De temps en temps, l’animateur peut relire les idées émises et reposer la question pour relancer les participants.
  8. L’exercice s’arrête lorsqu’il y a épuisement des idées, atteinte du quota fixé ou satisfaction du client.

2. Remue-méninges post-itmd : pour un débit plus élevé que l’approche classique

Cette forme de remue-méninges est une variante de l’application précédente en ce qu’elle invite les participants à générer des idées à leur propre rythme en les écrivant sur des notes autocollantes (Post-itMD et autres marques). Les participants demeurent ainsi maîtres de leurs idées et celles-ci sont produites à un débit plus rapide qu’avec l’approche classique. Cependant, certains participants trouvent l’approche parfois chaotique. Ils mentionnent être distraits par les idées émises à voix haute. Ceci peut être corrigé par l’utilisation d’autres outils de divergence ensuite.

Les étapes d’un remue-méninges Post-itMD

  1. Les participants se rappellent les règles de divergence (pensée créatrice).
  2. L’énoncé de la question est visible de tous.
  3. Chaque participant dispose d’un bloc de notes autocollantes et d’un marqueur noir (pour une meilleure lisibilité des options).
  4. L’animateur pose la question à voix haute et demande aux participants de noter leurs réponses sur des notes autocollantes (une idée par note, en gros caractères lisibles). Une période de silence peut être pertinente au début de l’exercice pour permettre à ceux qui en ont besoin de se concentrer. L’animateur peut aussi fixer un objectif ou un quota minimal d’idées à atteindre.
  5. Chaque participant énonce son idée à voix haute et fait passer sa note autocollante à l’animateur, qui l’affiche au fur et à mesure. L’exercice peut se faire de façon structurée, soit tour à tour, ou de façon naturelle, en laissant les participants parler lorsqu’ils le veulent.
  6. De temps en temps, l’animateur peut relire les idées émises et reposer la question pour relancer les participants.
  7. L’exercice s’arrête lorsqu’il y a épuisement des idées, atteinte du quota fixé ou satisfaction du client.

3. Remue-méninges écrit ou brainwriting : silence total et débit maximal

Cette forme de remue-méninges permet au groupe de produire des idées à partir de celles des autres. Elle apportera le plus grand nombre d’idées en peu de temps. L’exercice s’effectue en silence et de façon anonyme. Il permet ainsi aux personnes plus timides de s’exprimer à part entière. Rien ne vous empêche de faire jouer une musique de fond inspirante. Cette variante silencieuse convient très bien aux tempéraments qui se sentent mal à l’aise avec l’ambiance chaotique du remue-méninges classique ou à notes autocollantes, où les idées sont émises à voix haute. Quant aux personnes loquaces, elles auront besoin d’un autre outil pour pouvoir débattre des idées émises durant ce remue-méninges écrit.

Les étapes d’un remue-méninges écrit

  1. Chaque personne a devant elle une feuille de papier 11 x 17 sur laquelle on a préalablement collé neuf notes autocollantes (en trois rangées de trois). Une feuille supplémentaire identique est placée au centre de la table.
  2. Les participants se rappellent les règles de divergence (pensée créatrice) à suivre.
  3. L’énoncé de la question est visible de tous (tableau, feuille affichée, etc.).
  4. Chaque personne écrit trois idées sur chacune des notes autocollantes de la première rangée (une idée par note, en gros caractères lisibles).
  5. La première personne qui a fini d’écrire ses trois premières idées place sa feuille au centre de la table, prend la feuille vierge qui s’y trouve et s’en sert pour écrire trois nouvelles idées.
  6. Ensuite, le deuxième participant qui a fini d’écrire ses trois idées échange sa feuille avec celle que le premier participant a posée au centre de la table. Comme les trois premières rangées sont déjà remplies, il inscrit ses trois nouvelles idées sur la rangée suivante, après avoir pris connaissance des idées de cette première rangée.
  7. Les participants font de même à tour de rôle jusqu’à ce que toutes les feuilles soient remplies. S’il y a beaucoup d’idées, ajoutez des feuilles vierges.
  8. Avant de passer à une autre méthode – qu’elle soit créatrice (divergence) ou critique (convergence), il est recommandé de lire à voix haute toutes les idées émises, ou encore de les afficher au mur en donnant du temps au groupe pour en prendre connaissance.

4. Remue-méninges inversé : penser avec un point de vue opposé

Cette variante amusante consiste à explorer une question ou un problème à partir d’une perspective opposée, puis à s’inspirer des idées contraires ainsi trouvées pour en imaginer d’autres qui permettront de résoudre le problème de départ. Les participants adorent habituellement l’étape 3 où ils génèrent des idées avec la perspective opposée.

Les étapes d’un remue-méninges inversé

  1. Les participants se rappellent les règles de divergence (pensée créatrice) à suivre.
  2. Le problème posé est transformé en énoncé inversé, puis affiché pour être visible de tous. On ne doit pas se contenter de trouver des mots de sens contraire. C’est toute l’idée de départ au complet qui doit être inversée. Très souvent, on y parvient en transformant une phrase affirmative en phrase négative (voir l’exemple ci-après). L’exercice sera d’autant plus utile si les participants mettent des efforts afin que l’énoncé inversé du problème soit pertinent.
  3. L’animateur utilise le remue-méninges classique pour demander au groupe de générer des idées afin de résoudre le problème posé de manière inversée. Il note ces « idées inversées » au tableau.
  4. L’animateur demande ensuite aux participants de prendre les idées inversées de l’étape précédente et de les transformer en « idées renversées » (une idée inversée devrait générer plusieurs idées renversées). Les idées renversées peuvent être notées par l’animateur (remue-méninges classique) ou par les participants sur des notes autocollantes (remue-méninges Post-itMD).

 

Exemple

Exemple de remue-méninges inversé

Supposons la question suivante : « comment faire pour donner un bain au chat? ». Inversons maintenant cette idée en la reformulant ainsi : « comment faire pour ne pas faire prendre un bain au chat? ».

Les participants peuvent arriver avec les idées suivantes, appelées « idées inversées » :

  1. Arroser le chat dès qu’il approche du bain
  2. Lui apprendre à avoir peur de la salle de bain
  3. Faire entendre un jappement de chien dans la salle de bain
  4. Mettre un animal dangereux dans le bain

Demandez aux participants de renverser ces idées inversées, de manière à amener le chat à prendre son bain.

Les idées suivantes pourraient alors émerger :

  1. Arroser légèrement le chat chaque jour pour qu’il s’habitue à l’eau
  2. Le faire jouer uniquement dans la salle de bain
  3. Le nourrir uniquement dans la salle de bain
  4. Sortir le chien de la salle de bain dès que le chat s’y trouve
  5. Mettre un poisson dans le bain et ne pas nourrir le chat…
  6. Mettre une souris dans la salle de bain.

 

Références

  • DUCLOS, Manon et MATTE, Sylvain, GIN702 : Créativité et résolution de problèmes en génie, Faculté de génie, maîtrise en gestion de l’ingénierie, Université de Sherbrooke, 2006.
  • MILLER, B., VEHAR, J. et FIRESTEIN, R., Créativité sans limites (traduction par S. Matte, de Creativity Unbound), Foursight, Chicago, 2003.
  • ISAKSEN, S., DORVAL, B. et TREFFINGER, D., Résoudre les problèmes par la créativité : la méthode CPS, Éditions d’organisation, Paris, 2003, ISBN 2-7081-2894-9.

Cette ressource est réservée
aux membres seulement

Pour lire la suite, choisissez l’une des deux options suivantes :

Ressources similaires