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Webzine | 28 mai 2021

Sondage de l’ASQ 2018 – Étude salariale

L’ASQ vient de publier les résultats de son sondage annuel sur la rémunération des spécialistes qualité et sur leur satisfaction au travail. Cette année (2018), l’organisme américain a également voulu mesurer le degré de participation des répondants (plus de 2 000) au déploiement de méthodes qualité. Plus précisément, la satisfaction au travail est-elle influencée par la réussite (ou l’échec) de l’implantation d’un système qualité?

Système qualité et satisfaction au travail : un lien confirmé

L’ASQ a demandé à plus de 2 000 personnes de se prononcer sur leur expérience dans l’implantation d’un système qualité.

De quels systèmes parlons-nous? ISO 9001 a été mentionné par le plus grand nombre de répondants, suivi par : Lean, Six sigma, ISO 13485, AS9100, ISO/TS 16949, le référentiel Baldrige et Lean Six sigma.

L’article de l’ASQ détaille en profondeur la mesure du succès. Pour résumer, si le système donne lieu à une certification (c’est le cas d’ISO 9001, ISO 13485 et ISO/TS 16949) et que celle-ci a été obtenue, on peut bien sûr parler de réussite. Dans les autres cas, la réussite se mesure au fait que les principes et les techniques du système sont maîtrisés, étant entendu que l’implantation comme telle est un processus qui ne se termine jamais vraiment.

Voici les principales conclusions du sondage sur l’implantation d’un système qualité.

  • L’un des meilleurs prédicteurs de l’insatisfaction au travail est l’absence d’un système qualité à proprement parler.
  • À l’inverse, un puissant prédicteur de la satisfaction au travail réside dans le fait que la haute direction appuie activement l’implantation d’un système qualité.
  • Dans le cas par exemple de Six sigma, 87,2 % des répondants satisfaits de son implantation y ont vu un effet positif sur leur satisfaction au travail. Même si ce chiffre se trouve à être le plus bas (70 %) en ce qui concerne le référentiel Baldrige (nos Prix performance Québec), lorsqu’il est implanté avec succès, aucun des répondants n’y a vu un impact négatif sur la satisfaction.
  • Il arrive dans un petit nombre de cas que l’implantation d’un système entraîne une diminution de la satisfaction. C’est le cas pour AS9100, où 7 % des répondants se sont sentis moins heureux après l’implantation. Mais notons une explication fournie par l’un des répondants à propos de l’implantation d’ISO 9001 : « au début, j’étais très satisfait, mais quand j’ai vu que nos patrons n’avaient aucunement le désir d’appuyer et d’améliorer le système, j’ai déchanté ».
  • Une organisation qui implante un système qualité, quel qu’il soit, en retire un effet positif sur la satisfaction des employés.

Le sondage a révélé également d’autres données intéressantes sur la rémunération des spécialistes qualité et sur certains aspects de leur vie au travail. Voici les conclusions en vrac.

La formation à la qualité synonyme de meilleure rémunération? Les chiffres le prouvent

  • Une personne formée Six sigma, peu importe le niveau, gagne davantage que celles sans formation (+17 332 USD aux États-Unis, +8 333 CAD au Canada).
  • La persistance rapporte : aux États-Unis, un professionnel qualité qui se maintient plus de six ans dans sa fonction gagne 11 220 USD de plus par année.
  • Aux États-Unis, 32,5 % des répondants possèdent une maîtrise, ce qui leur procure en moyenne un salaire annuel de 110 449 USD.
  • Les statisticiens sont les plus éduqués : ayant tous au minimum un baccalauréat, ils sont 83,3 % à posséder une maîtrise.
  • Aux États-Unis, travailler comme professionnel qualité dans une entreprise de service rapporte 7,9 % de plus que dans une entreprise manufacturière. Au Canada? C’est 20 % de plus !
  • Les secteurs manufacturiers américains les plus rémunérateurs pour les ingénieurs qualité sont l’informatique suivie de très près par l’industrie chimique. Pour ce qui est des services, c’est la santé qui remporte la palme (toujours aux États-Unis).

Éducation et expérience : un duo gagnant

  • Les répondants américains titulaires d’un bac et comptant plus de 10 ans d’expérience en qualité gagnent en moyenne 97 860 USD, soit plus que la moyenne des répondants.
  • Chaque progrès accompli en éducation et en expérience ajoute à la rémunération. Un exemple? Les quelques répondants n’ayant pas dépassé le secondaire font presque 4 000 USD de plus qu’un diplômé comptant deux années d’études. Cela semble être moins le cas au Canada, vu notamment le plus faible nombre de répondants. Le message reste cependant le même : éducation + expérience = avantage.

Fonctions de supervision

  • Vous supervisez d’autres professionnels? Vous faites partie de la majorité et on observe une corrélation directe entre votre rémunération et le nombre de personnes supervisées : le salaire passe en effet de 90 954 USD pour la supervision d’une à deux personnes à 148 718 USD lorsque plus de 50 personnes sont supervisées.
  • Au Canada, la majorité (72,5 %) supervise entre une et cinq personnes, mais gagne un peu moins que la moyenne de 72 908 CAD. Et ceux qui supervisent plus de 50 personnes gagnent en moyenne 115 000 CAD par année, ce qui est nettement inférieur aux États-Unis.
  • La récession de 2008 a provoqué une baisse du nombre de personnes supervisées. Les chiffres sont revenus en 2012 au niveau pré-récession pour se stabiliser depuis.

Faites-vous de longues heures?

  • On travaille moins d’heures qu’avant (moins de 40 % ont travaillé 45 heures ou plus en 2016 et 35,7 % en 2018). Et si vous travaillez au Canada, vos heures sup sont rémunérées. Qui plus est, les cadres américains travaillant entre 46 et 50 heures gagnent en moyenne 105 439 USD, soit beaucoup plus que ceux ayant une semaine de travail plus courte.
  • Vos heures sup ne sont pas rémunérées, comme c’est fort probablement le cas pour l’ensemble des répondants? Qu’à cela ne tienne, si vous êtes aux États-Unis, votre rémunération est largement supérieure à celle de vos collègues : ceux-ci gagnent en effet 40 % de moins. Au Canada, l’écart est beaucoup plus faible, puisque les bénéficiaires d’heures sup payées gagnent à peine 14,4 % de moins que leurs collègues. Pourquoi cet écart favorable pour ceux dont les heures sup ne sont pas payées? La réponse peut paraître évidente : plus le salaire de base est élevé, moins grandes sont les chances de se faire payer les heures sup.

À grande organisation, rémunération élevée

  • Aux États-Unis, un salaire supérieur à 95 000 USD ne se rencontre que dans les organisations comptant plus de 1 000 salariés. La corrélation est loin d’être aussi évidente au Canada, pour les organisations comptant 1000 salariés, le salaire moyen est de 80 933 CAD. Il reste que c’est dans les organisations de plus de 50 000 personnes que le salaire canadien est le plus élevé (84 718 CAD).

À la fois responsable qualité et gestionnaire? Vous gagnez peut-être un peu plus

  • Les mieux payés? Ceux qui exercent des responsabilités en qualité sans toutefois que celles-ci prennent plus de 25 % de leur temps (105 641 USD aux États-Unis et 98 878 CAD au Canada).

Mieux payés sur la côte ouest américaine… et en Alberta

  • Le salaire moyen le plus élevé est de 107 114 USD sur la côte Ouest américaine et de 98 834 CAD en Alberta. Pour le Québec, cinq répondants ont parlé d’un salaire de 66 000 CAD. À noter cependant que, comme toujours, toute comparaison de salaires d’une région à l’autre doit tenir compte des différences de coût de la vie.

Écarts entre hommes et femmes

  • L’écart hommes-femmes dépend de l’âge. Il est plus grand chez les 46-55 ans (12 116 USD de plus pour les hommes). Mais, chez les 25 ans et moins, les femmes gagnent 5,9 % de plus que les hommes. Notons aussi que les hommes sont plus nombreux que les femmes dans le domaine de la qualité. En raison d’un trop faible échantillon, il n’est pas possible de tirer de conclusions pour le Canada.

Le rapport de l’ASQ est bien sûr très détaillé et nuancé. On y trouve aussi une foule d’autres informations non mentionnées ici, notamment sur la situation des consultants ainsi que des données sur des pays autres que les États-Unis et le Canada, en particulier la Chine, l’Inde et le Mexique.

De quoi se comparer!

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