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Fiche outil | Monique Foisy

Trois façons de générer des idées originales

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Aller plus loin que les solutions déjà connues

L’innovation est le nouveau mantra du développement des organisations. Tout le monde est convaincu de sa nécessité. Plus la compétition mondiale se fait exigeante, plus l’innovation est vue comme la solution. Ceux qui ont réussi à « faire autrement », à « transformer », à se « distinguer » sont cités en exemple.

Des techniques comme celles présentées dans cette fiche permettent d’aller au-delà du connu. Pour qu’elles soient efficaces, il faut développer une habileté intellectuelle : la capacité à pratiquer la pensée divergente, c’est-à-dire à laisser son cerveau imaginer tous les possibles sans juger, critiquer ou évaluer les options produites. Plus facile à dire qu’à faire!

Il y a également des habiletés relationnelles qui sont primordiales lorsqu’on veut dépasser les frontières du connu. La capacité d’écoute est certainement la plus importante : personne ne fera d’efforts pour apporter du nouveau s’il ne se sent pas écouté. Le respect, la confiance, la reconnaissance permettront aussi d’aller chercher en chacun le meilleur de lui-même.

Des capacités comme celles-là ne se développent pas instantanément. Elles ne sont pas si répandues. Il faut prendre les moyens de les développer. Ce sont elles qui assureront le développement des capacités d’innovation. Il faut se rappeler que ce ne sont pas les organisations qui innovent, mais les gens qui y travaillent.

Quant aux techniques de créativité, elles permettent de traverser les frontières que notre esprit s’est données. Mais attention, elles ne procurent pas toujours les résultats attendus. S’il est vrai qu’elles peuvent être utilisées dans le plaisir, elles sont plus exigeantes parce qu’elles font appel à des capacités que nous exerçons moins que d’autres. Alors, il faut les utiliser avec finesse et justesse!

Résultats

  • Éventail élargi de solutions permettant un choix adéquat.
  • Possibilité de sortir d’un problème plutôt que de s’y buter.
  • Identification de percées.
  • Solution de problèmes récurrents.
  • Création d’éléments nouveaux.

Conditions de succès

  • Favoriser les interactions entre des personnes de formation, d’expérience et de responsabilités différentes.
  • Consentir à « perdre du temps », à explorer sans juger ou évaluer, et sans rechercher un résultat immédiat.
  • Développer les habiletés intellectuelles et relationnelles nécessaires.
  • Respecter en tout temps les phases de divergence et de convergence.

Méthode

1. Le meilleur par le pire

1. Écrivez le problème à résoudre sur une grande feuille placée à la vue de tous.

2. Demandez aux participants d’écrire les pires idées qui leur viennent à l’esprit pour résoudre ce problème. Ces idées doivent être exagérées, farfelues ou hors de prix. Ce travail se fait individuellement.

3. Recueillez les idées du groupe en prenant une idée de chaque personne et en faisant le tour jusqu’à ce que tous les participants aient donné toutes leurs idées. Idéalement il faut recueillir de 30 à 50 idées avant de passer à l’étape suivante. C’est la rigolade et c’est bon signe!

4. Demandez aux participants de transformer les pires idées en bonnes idées tout en laissant aller leur esprit vers les idées les plus folles. Nous ne sommes pas encore à l’étape où il faut vérifier si les idées sont applicables. L’imagination doit demeurer libre. Cette étape se réalise individuellement, tout comme l’étape 2.

5. Recueillez, comme à l’étape 3, les bonnes idées de chacun en prenant soin de conserver la bonne humeur que l’exercice précédent a permis de créer. Encouragez le groupe à bâtir sur les idées des autres. Ne censurez aucune idée.

6. Sélectionnez et évaluez les idées produites par le groupe. C’est l’étape de convergence où le jugement critique peut revenir. Quelles sont les idées qui peuvent aider à résoudre le problème? Peut-on modifier certaines idées afin qu’elles deviennent réalisables? Aurait-on intérêt à fusionner certaines propositions?

7. Faites le choix de ce que vous allez mettre en œuvre.

2. L’atomisation

L’atomisation permet la visualisation non linéaire d’un problème, ce qui aide à s’éloigner d’une recherche trop analytique. Elle peut se faire par une seule personne ou en groupe.

1. Écrivez l’énoncé du problème au milieu d’un tableau ou d’une grande feuille. Par exemple : Comment diminuer le taux de roulement des mécaniciens.

2. Laissez votre cerveau et celui de vos partenaires associer librement ce qu’ils voient ou ressentent à propos de ce qui est écrit. Toutes les idées sont recevables. Il faut toutefois les encercler et les relier aux autres idées émises, à la façon d’une carte mentale.

Favorisez les associations d’idées, même les plus bizarres. Utilisez de nombreuses feuilles si nécessaire.

3. Laissez ensuite votre logique reprendre du service. Faites des regroupements. Y a-t-il des pistes de solutions qui émergent? Certains thèmes ou préoccupations présentent-ils un intérêt?

3. Le concassage (ou SCAMPER)

Le concassage sert à détruire dans notre esprit la vision que l’on a d’une situation et qui fait obstacle à notre capacité d’en imaginer une meilleure. Il se réalise de la façon suivante.

1. Au sujet du problème à résoudre, on pose à un groupe des questions comme :

S : Substituer

  • Comment peut-on transformer cet objet ou cette situation? (Changer la matière, le temps, la couleur, la forme, l’usage, les étapes…)

C : Combiner

  • Comment cette situation pourrait-elle se combiner avec telle autre? (Une autre étape de production, un phénomène fréquent ou une situation sans lien avec la première.)

A : Adapter

  • Comment faire pour adapter cet objet ou cette situation à d’autres usages?

M : Modifier

  • Qu’arriverait-il si cette situation était plus fréquente? Plus coûteuse? Plus belle? …
  • Qu’arriverait-il si cette situation était moins difficile? Moins généralisée? Moins populaire?

P : Proposer de nouvelles orientations

  • Comment faire pour utiliser autrement cet objet ou cette situation?

E : Éliminer

  • Comment faire pour éliminer un aspect?

R : Réorganiser

  • Quel serait le contraire de cet objet ou de cette situation? Comment pourrait-on faire cette étape à l’envers?

2. Lorsque de multiples idées différentes ou originales ont été trouvées, on peut les analyser pour sélectionner celles qu’il serait intéressant de développer davantage.

Note : l’animation de ces exercices fait alterner le travail individuel et le travail en groupe. Commencer par du travail individuel a l’avantage d’aider les participants à se centrer et maximise leur production d’idées.

Exemple

Comment pourrais-je améliorer une attache…?

  • Que pourrais-je Substituer dans l’attache?
  • Avec quoi pourrais-je Combiner l’attache pour en faire autre chose?
  • Que pourrais-je Adapter de l’attache?
  • Comment pourrais-je Modifier l’attache?
  • Comment pourrais-je grossir l’attache ou y ajouter un élément?
  • Comment pourrais-je Proposer de nouvelles orientations pour une attache?
  • Comment pourrais-je utiliser à d’autres fins l’attache?
  • Comment pourrais-je Enlever des parties de l’attache?
  • Comment pourrais-je Réorganiser/réarranger l’attache pour l’améliorer?

Références

  • SCAMPER – Improving Products and Services [en ligne]. MindTools. Consulté le 2017-09-11.
  • MICHALKO, Michael, Thinkpak: A Brainstorming Card Deck, ISBN-13 978- 1580087728.

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